Lire un DPE : consommation, étiquette et coût annuel expliqués
Un DPE, diagnostic de performance énergétique, classe un logement de A à G selon deux mesures : sa consommation d’énergie et ses émissions de gaz à effet de serre, rapportées au mètre carré et à l’année. La lettre retenue est la plus mauvaise des deux. Il affiche aussi une estimation du coût annuel d’énergie, qui vaut pour un usage moyen et non pour vos habitudes. Ce guide explique comment lire chaque partie du diagnostic, ce que signifie une classe E, et à quoi vous engagent les lettres F et G.
Sur Cadastra : la fiche d’une adresse montre les diagnostics des logements, leur étiquette, leur consommation et le coût annuel estimé.
Les deux échelles
Depuis le 1er juillet 2021, le DPE repose sur une méthode de calcul unique, à partir des caractéristiques du bâti et des équipements, et non plus sur les factures. Il classe le logement sur deux échelles.
| Classe | Énergie primaire, kWh par m² et par an | Émissions, kg de CO₂ par m² et par an |
|---|---|---|
| A | jusqu’à 70 | jusqu’à 6 |
| B | jusqu’à 110 | jusqu’à 11 |
| C | jusqu’à 180 | jusqu’à 30 |
| D | jusqu’à 250 | jusqu’à 50 |
| E | jusqu’à 330 | jusqu’à 70 |
| F | jusqu’à 420 | jusqu’à 100 |
| G | au-delà de 420 | au-delà de 100 |
L’étiquette est celle de la plus mauvaise des deux colonnes. Un logement à 240 kWh mais 60 kg de CO₂ est classé E, pas D. C’est ce qui pénalise le chauffage au fioul et, dans une moindre mesure, au gaz : à consommation égale, leurs émissions sont plus élevées que celles de l’électricité.
L’énergie est comptée en énergie primaire : l’électricité consommée est multipliée par 2,3 pour tenir compte de ce qu’il a fallu produire pour la livrer. Un logement tout électrique affiche donc une consommation plus élevée que sa facture ne le laisse penser.
Depuis le 1er juillet 2024, les seuils sont adaptés pour les logements de moins de 40 m², où le poids de l’eau chaude sanitaire faussait le classement. Un studio diagnostiqué avant cette date peut avoir gagné une lettre sans travaux ; l’attestation se télécharge sur le site de l’ADEME avec le numéro du diagnostic.
Que signifie une classe E ?
Un E consomme entre 250 et 330 kWh d’énergie primaire par m² et par an, ou émet entre 50 et 70 kg de CO₂. C’est un logement ancien, correctement chauffé mais peu isolé : fenêtres à double vitrage de première génération, murs non isolés, chaudière de plus de quinze ans. C’est aussi la classe la plus fréquente dans les immeubles construits entre 1949 et 1975.
Concrètement, un E n’interdit rien aujourd’hui. Il peut être vendu, loué, et son loyer n’est pas gelé. Mais il est dans le calendrier : à partir du 1er janvier 2034, il ne pourra plus être mis en location sans travaux, et depuis le 1er janvier 2025 sa vente, s’il s’agit d’une maison, doit être accompagnée d’un audit énergétique. Le guide DPE F et G, le calendrier d’interdiction détaille ces échéances.
Le coût annuel affiché
Le DPE indique une fourchette de dépenses annuelles d’énergie, par exemple « entre 1 400 € et 1 900 € par an ». Elle couvre cinq usages : chauffage, eau chaude, refroidissement, éclairage et auxiliaires (ventilation, pompes). Elle est calculée pour une occupation conventionnelle, avec une température de consigne de 19 °C et des prix de l’énergie fixés par arrêté à la date du diagnostic.
Elle ne prédit donc pas votre facture. Une famille de quatre personnes qui chauffe à 21 °C paiera plus ; une personne seule souvent absente paiera moins. Et les prix de l’énergie ont bougé depuis la plupart des diagnostics. Servez-vous-en pour comparer deux logements diagnostiqués à des dates proches, pas pour établir un budget.
Un exemple. Un appartement de 50 m², classe E, à 300 kWh d’énergie primaire par m² et par an, chauffé à l’électricité : 15 000 kWh d’énergie primaire, soit environ 6 500 kWh réellement consommés. Le diagnostic affiche une fourchette autour de 1 500 € par an. Le même appartement classé C, à 150 kWh, afficherait moitié moins. Sur dix ans, l’écart est de l’ordre de 7 000 € : c’est ce qu’il faut mettre en face du coût d’une isolation.
Les autres pages du diagnostic
Un DPE fait plusieurs pages, et les plus utiles ne sont pas la première.
- La description du bâti : année de construction, surface, type de murs, de toiture, de menuiseries, avec leur niveau d’isolation. C’est ce qui explique l’étiquette.
- Les équipements : chauffage (individuel ou collectif, et quelle énergie), eau chaude, ventilation, refroidissement. Un chauffage collectif au gaz dans un immeuble de 1970 pèse sur tous les lots.
- Les recommandations de travaux, avec l’étiquette attendue après chacune et un ordre de grandeur de coût. C’est la partie à lire avant de faire une offre.
- Le confort d’été, noté de bon à insuffisant, qui ne compte pas dans l’étiquette mais compte dans la vie.
Validité et opposabilité
Un DPE est valable dix ans. Ceux réalisés avant le 1er juillet 2021, avec l’ancienne méthode, ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Un diagnostic de 2019 ne vaut donc plus rien, même s’il affichait un C.
Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est opposable : si l’étiquette est fausse, l’acheteur ou le locataire peut se retourner contre le vendeur ou le bailleur, qui peut se retourner contre le diagnostiqueur. Ce n’est plus un document indicatif. En cas de doute sur une étiquette, un second diagnostic coûte entre 100 et 250 € et vaut souvent la peine.
Où trouver les DPE d’un immeuble ?
Chaque diagnostic est transmis à l’ADEME, qui les publie en données ouvertes, sans le nom des personnes. Pour une adresse, on peut donc voir les diagnostics réalisés dans l’immeuble, lot par lot, avec leur étiquette, leur consommation, leur mode de chauffage et leur date. La fiche d’une adresse sur Cadastra les montre, et signale ceux qui ne sont plus valables.
C’est utile avant même de visiter : si tous les logements diagnostiqués d’un immeuble sont F ou G, le vôtre le sera probablement aussi, et la question des travaux se pose à l’échelle de la copropriété.
En pratique
- Regardez les deux valeurs, énergie et émissions, et laquelle fait l’étiquette : cela dit si le problème vient du chauffage ou de l’isolation.
- Vérifiez la date : avant juillet 2021, le diagnostic n’est plus valable.
- Lisez les recommandations de travaux et leur gain d’étiquette avant de fixer votre prix.
- Comparez avec les autres logements de l’immeuble : l’étiquette d’un lot dépend surtout du bâtiment.
Sources
- Arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique pour les bâtiments ou parties de bâtiments à usage d’habitation en France métropolitaine, sur Légifrance.
- Arrêté du 25 mars 2024 modifiant les seuils pour les logements de petite surface.
- Code de la construction et de l’habitation, articles L. 126-26 à L. 126-33 (diagnostic de performance énergétique, validité, opposabilité).
- ADEME, diagnostics de performance énergétique des logements existants, données ouvertes.
- Service-public.fr, Diagnostic de performance énergétique, rubrique Logement.
Les DPE d’une adresse, logement par logement
Tapez une adresse : la fiche montre les diagnostics réalisés dans l’immeuble, avec l’étiquette, la consommation, le mode de chauffage et le coût annuel estimé de chacun.